Ne jamais oublier nos origines - Erik McNicholl
Erik McNicholl

Joueur de poker, je parcours la planète pour jouer dans les plus grands tournois de poker au monde. Je n'ai pas encore réussi à gagner le plus gros montant accordé à ce jour, mais j'y travaille. J'aimerais vous raconter ici toutes les aventures que je vis partout dans le monde. Les cultures différentes auxquelles je dois m'adapter, les personnes merveilleuses que je croise et celles avec qui je partage mon quotidien. J'espère que tous mes billets sauront vous divertir autant que j'aurai du plaisir à les écrire.

Ne jamais oublier nos origines

Ne jamais oublier nos origines - Erik McNicholl

J’avais décidé de sortir, ce soir. Je mis mon jeans délavé, une chemise blanche en lin et je pris une veste assortie à mon pantalon. Parfumé, lavé, propre de la tête aux pieds, j’espérais trouver de la compagnie. Je venais d’arriver dans cette ville, un mois auparavant. Malheureusement, mon emploi du temps ne me laissait pas beaucoup de temps pour découvrir les lieux branchés et rencontrer du monde. J’étais donc très enthousiaste à l’idée de ma sortie.

J’appréciais l’agitation de la rue quand je descendais. J’ai grandi à la campagne, et la découverte de la ville m’émerveilla. La chaleur de l’été régnait encore en cette fin de journée. Un restaurant avec des auvents multicolores était plein à craquer. Devant mon immeuble, je voyais une bande de jeunes qui s’amusaient à se lancer de l’eau. Armés de bouteilles, les adolescents jouaient encore comme de jeunes enfants. Ils riaient sans regarder autour d’eux, jusqu’à ce que l’inévitable arrive ; un passant se retrouva mouillé. Je souris, mais l’altercation que j’entendis stoppa net ma bonne humeur. Je m’approchais.

L’homme avait une partie de son costume trempée. Il criait après les jeunes qui se confondaient en excuses. Cela le calma. Les jeunes partirent dans une autre rue, nous laissant tous les deux, l’infortuné passant et moi. J’étais bien embêté pour lui ; même avec la température estivale de la nuit, son état devait être inconfortable. Je lui proposais d’aller se sécher chez moi. Il me regarda, surpris. « C’est très gentil, j’accepte votre offre avec plaisir. »

Dans mon appartement, il se mit à son aise après que je lui eus passé de quoi se changer. Il engagea la conversation et me demanda d’où je venais. On voyait bien, remarquait-il, que vous n’êtes pas d’ici. Les urbains laissent leurs congénères se débrouiller seuls, le plus souvent, et se méfient de tous ceux qu’ils ne connaissent pas. Parfois à juste raison, et il me fit la leçon, m’expliquant qu’il ne fallait pas proposer à n’importe qui d’entrer chez soi. Je racontais mon histoire, mes origines à cet inconnu. Quand j’eus fini, il m’expliqua qu’il avait eu la même expérience que moi. Mais que, maintenant qu’il vivait en ville depuis des années, il reconnaissait qu’il avait oublié d’où il venait. Il me remercia de lui avoir donné l’occasion de se le remémorer. Cette soirée fut enrichissante pour nous deux. Moi, je me reprochais ma grande naïveté. J’aurais pu tomber sur quelqu’un animé par de mauvaises intentions. Mais si c’était à refaire, je le referais, persuadé que je suis encore que nous devons nous entraider.